Songlin, Artiste chinois cherche un atelier pour travailler la sculpture, max 400€ par mois. Si vous avez un espace, un atelier libre, sur Tourcoing et environ (métropole lilloise) n’hésitez pas à le contacter :

jisonglin89@gmail.com

son site, c’est ICI !


En raison de l’épidémie de Covid-19 et suite aux mesures préconisées par le gouvernement à échelle nationale, nous interrompons tous nos cours ateliers, stages, conférences etc. et ce jusqu’à nouvel ordre. Merci de votre compréhension.

Retrouvez toutes les informations et mesures nationales sur gouvernement.fr.


La renaissance du Musée Cernuschi

Le musée Cernuschi des arts asiatiques de la Ville de Paris, après de nombreux mois de rénovation, a finalement réouvert ses portes le 4 mars dernier. Ces neufs mois de travaux révèlent une nouvelle muséographie, visant à mieux mettre en valeur ses collections d’art asiatique.

C’est donc une véritable redécouverte des collections d’art asiatique autour des bronzes, céramiques, bois laqués, peintures, estampes et photographies réunis par l’homme d’affaires et républicain italien exilé en France Henri Cernuschi (1821-1896), dans le nouvel environnement de son hôtel particulier parisien. De nouveaux outils numériques et vitrines thématiques permettent également d’approfondir les collections.

Plus aéré, plus lumineux, mieux organisé, plus didactique, celui-ci emmène le visiteur à la découverte des œuvres d’art réunies par le collectionneur. Des pièces venues de Chine mais aussi du Japon, du Vietnam ou de Corée, 

Henri Cernuschi

Le musée des Arts de l’Asie de la Ville de Paris est né de la volonté d’Henri Cernuschi (1821-1896), son fondateur. Familier de Léon Gambetta, d’Émile Zola, aussi bien que de Sarah Bernhardt ou d’Edmond de Goncourt, Cernuschi est une figure marquante du Paris intellectuel et artistique de la fin du XIXe siècle. Homme politique d’origine italienne aux engagements républicains, économiste et financier célèbre pour ses théories monétaires, Henri Cernuschi est aujourd’hui principalement connu à travers le prisme des arts asiatiques.

Au début des années 1870, Henri Cernuschi découvre l’Asie, véritable but d’un voyage autour du monde entrepris en compagnie du critique d’art Théodore Duret. Après avoir traversé le continent américain et l’océan Pacifique, il arrive au Japon, porte ouverte surl’Asie et son art. Du Japon, il gagne la Chine, puis Java, Ceylan, Singapour et l’Inde. Ce périple est à l’origine d’une des plus importantes collections européennes d’art asiatique réunies au XIXe siècle.

En 1873, dès son retour à Paris, Cernuschi expose sa collection fraîchement constituée au palais de l’Industrie. Fort de ce succès, il fait construire dans un quartier récemment aménagé à proximité du parc Monceau, un hôtel particulier où il vit entouré de ses collections. Accueillant les artistes et les amateurs d’art asiatique, Cernuschi fait de sa demeure l’un des hauts lieux du japonisme jusqu’à sa mort en 1896. L’hôtel particulier et ses collections sont légués à la Ville de Paris.

Une demeure de style néoclassique construite par l’architecte d’origine hollandaise, William Bouwens van der Boijen, le bâtiment porte la marque du style  néoclassique en vogue en Italie du Nord vers 1840.

Un musée d’arts asiatiques en plein coeur de Paris

En 1873-1874, Henri Cernuschi achète aux frères Péreire, la dernière parcelle non bâtie sur l’avenue Vélasquez, et confie à l’architecte William Bouwens van der Boijen, la construction d’un hôtel particulier où il résidera, entouré des œuvres d’art rapportées de son périple asiatique.

Il meurt à Menton en 1896 après avoir légué son hôtel particulier et ses collections asiatiques à la ville de Paris.

Le musée est inauguré le 26 octobre 1898, il devint rapidement le théâtre de nombreuses expositions consacrées aux différentes formes d’expressions artistiques de la Chine et du Japon. De 1910 à 1946, les importantes découvertes archéologiques en Chine et au Vietnam contribuèrent à donner un nouveau visage au musée Cernuschi, désormais consacré de manière privilégiée à l’antiquité chinoise considérée comme le berceau des cultures extrême-orientales. 

A partir de 1946, le musée Cernuschi s’est largement ouvert aux arts asiatiques vivants, comme la calligraphie japonaise ou la peinture chinoise contemporaine. Des années 1950 aux années 1990, ce domaine particulier fit l’objet d’une politique d’acquisition et d’exposition très active qui permit de constituer l’une des premières collections en Europe.

A la suite de la politique de réformes inaugurée en Chine dans les années 1980, les grands musées chinois commencèrent à s’ouvrir à l’international : pendant les deux décennies suivantes le musée Cernuschi s’imposa comme le lieu privilégié des grandes expositions venues de Chine permettant au public parisien de découvrir les bronzes du musée de Shanghai, les origines du céladon, ou les spectaculaires bouddhas du Shandong.

Enfin la rénovation du musée Cernuschi a contribué à la valorisation de ses collections anciennes et modernes et à l’évolution de son image : le rayonnement international des expositions consacrées aux artistes chinois de l’école de Paris a en effet permis de réaffirmer les liens étroits entre le musée Cernuschi et les artistes asiatiques actifs à Paris, hier et aujourd’hui.


« Kaiwu, Art et Design en Chine »

30 avril au 2 aout 2020

Design is capital

Dans le cadre de Lille Métropole 2020 – Capitale international du design, les différents musées et galeries de la métropole proposent expositions et interactions culturelles autour de la thématique du design.

Ainsi l’action « Design is capital » permettra l’illustration de la place du design dans notre quotidien, face à l’appréhension des défis contemporains (changement climatique, amélioration de l’habitat, société plus inclusive…).

L’année sera rythmée d’événements autour de quatre saisons : l’hiver avec « la sensibilisation » au design, le printemps « la révélation », l’été « l’épanouissement » et l’automne « l’accomplissement ». De nombreux temps forts sont donc proposés par la Ville de Lille, avec entre autres, l’exposition « Kaiwu, art et design chinois » à l’Hospice Comtesse, rue de la Monnaie, du 30 avril au 2 août.

Peng Wei, Letters from a distance, 2012

Une forme d’expression de la modernité chinoise ?

La Chine, connue pour sa civilisation millénaire, est devenue en quelques années la seconde puissance économique mondiale. ​“Le plus grand atelier du monde” est aujourd’hui un terreau de talents parmi les plus créatifs et innovants.

Ancré dans la tradition ou tourné vers les technologies du futur, l’objet chinois se réinvente, en phase avec l’évolution des modes de vie d’une classe moyenne en pleine expansion. À travers une quarantaine de travaux de designers, l’exposition montre comment l’esprit des lettrés, ces intellectuels dont l’art de vivre a profondément influencé les codes esthétiques de l’objet et du mobilier chinois, se perpétue et se transforme dans la culture et le design aujourd’hui.

 Lin Jing, Table de Ping-Pong, 2015

Informations pratiques

Une exposition de la Ville de Lille, confiée à l’agence Doors. Commissaire Monsieur Cao Dan.

Du jeudi 30 avril 2020 au dimanche 2 août 2020.

Lieu : Musée de l’Hospice Comtesse ; 32 Rue de la Monnaie, 59800 Lille

Horaires d’ouverture :

Lundi 14h > 18h
Mercredi › dimanche 10h > 18h

Tarifs : 5€ / 4€


Du 5 au 28 mars 2020

Bureau D’art Et De Recherche / La Qsp Galerie.
112, Avenue Jean Lebas, à Roubaix

Entrée libre.

De Pékin à Paris

Ye Xin est né en Chine, à Pékin, en 1953. Exilé dans le Shanxi avec sa famille pendant la révolution culturelle de 1966 à 1976, il devient ouvrier dans une usine de machines agricoles mais ne cesse de dessiner, peindre et graver. Grâce aux stages organisés par le centre culturel local, il devient « peintre ouvrier» et publie un journal illustré diffusé à travers toute la Chine. A la fin de la révolution culturelle en 1978, il est admis à l’Institut Central des Beaux-Arts de Pékin. Après son diplôme, il devient rédacteur et dessinateur de bandes dessinées aux Editions des Beaux Arts du Peuple à Pékin pendant trois ans puis enseignant en dessin aux Beaux-Arts. 

Ye Xin s’installe en France en 1986 comme artiste tout en continuant sa recherche et son enseignement. Il présente en 1995 un doctorat en histoire de l’art à la Sorbonne sur le rapport entre l’écriture et la peinture. Il est actuellement Maître de Conférences à l’Université de Paris 8. Il mène en parallèle sa carrière d’enseignant chercheur et d’artiste.

Ye Xin expose régulièrement en France et à l’étranger. Ses peintures, calligraphies, gravures, dessins et livres d’artiste sont collectionnés par différents musées. Il participe parfois à la création de scénographies, notamment pour les expositions «Chine, Célébration de la Terre » (Espace Electra, 2010), «Naissances» (Musée de l’Homme, 2005) ou « Confucius » (Musée Guimet , 2003). Il publie également plusieurs ouvrages dont Aux confins du miroir (Caractères, 2004), Hugo, Le sac du Palais d’Eté avec Nora Wang et Wang Lou (2003), Baudelaire, l’Étranger- calligraphies (éd. You Feng, 1997). 

Victor Hugo, une muse ?

La pratique artistique de Ye Xin est inspirée de légendes chinoises, mais également de poésies françaises et notamment celle de Victor Hugo, personnage auquel il voue une grande admiration.

Victor Hugo lui-même portait un intérêt particulier pour la Chine, en prenant son parti publiquement à travers une lettre dénonçant l’épisode de sac du Palais d’été de Yuanming Yuan. C’est d’ailleurs cette lettre qui est le point de départ de tout le projet de Ye Xin, qui nous propose une nouvelle approche de cet événement en imaginant une promenade dans laquelle il s’illustre lui-même en tant que petit enfant guidant Victor Hugo sur le site du Palais d’Été.

Ses illustrations, teintées à la fois de poésie et de mélancolie, nous emportent ainsi dans son imaginaire où se mêlent grande histoire, histoire personnel, passé et présent.

Informations pratiques

Exposition : 5 au 28 mars 2020

Vernissage : Samedi 21 mars de 17:00 à 20:00

Goûter des artistes, rencontre et démonstration de calligraphie chinoise : Dimanche 22 mars de 15:00 à 19:00


Horaires d’ouverture :

Jeudi 15:00 > 20:00
Vendredi, samedi 15:00 > 19:00

Métro : Gare Jean Lebas

Plus d’informations, concernant l’artiste sur yexin.fr , concernant l’événement sur le-bar.fr .

Évènement porté par l’Institut Confucius de l’Artois dans le cadre de la 6ème édition du festival des arts de la Chine.


De Cyrille Javary et Ni Jincheng

Préface de Joël Bellassen

La langue chinoise fourmille de proverbes, maximes, dictons. Ces expressions toute faites, perles de culture ciselées par les siècles, transmettent de manière allégorique et légère des vérités exemplaires et morales. Condensations de récits légendaires et fabuleux, issus le plus souvent de faits historiques ou directement issus des grands classiques chinois (Confucius, Laozi, Yi Jing, etc.), ces sentences, connues de tous les Chinois, appuyées le plus souvent sur l’évocation d’un événement historique précis, sont en même temps une ouverture à la sagesse chinoise traditionnelle et un éclairage sur l’histoire millénaire de ce grand pays. 
Mais ces proverbes sont aussi, pour l’étudiant qui progresse dans l’apprentissage de la langue et de la culture chinoise, comme pour l’homme d’affaires qui s’y rend pour y nouer de fructueuses relations un atout exceptionnel. En effet, ces expressions connues de tous sont un mode de communication délicat qui permettent d’en dire beaucoup en quelques mots. Ce sont des condensateurs d’intentions et d’expressions. 

Pour rendre en français toute la richesse et l’arrière plan de ces perles de sagesse, il a fallu l’amicale alchimie culturelle qui liait les deux auteurs : l’un chinois venu vivre en France, l’autre français poussé vers la Chine par l’étude du Yi Jing, le vieux classique chinois.


Communiqué de presse du SPF du 14/02/2020

Le Secours populaire français (SPF) se mobilise pour venir en aide au peuple chinois, victime de l’épidémie de coronavirus.

Le Secours populaire avec les « Médecins du SPF » appelle à la solidarité pour collecter des dons financiers afin de permettre l’achat de produits neufs et de qualité, qui permettront de répondre aux besoins sanitaires urgents sur place mais aussi de continuer à agir dans la durée pour soutenir les populations les plus vulnérables.

La fédération de Paris du SPF s’est déjà associée à l’initiative solidaire de plusieurs organisations d’originaires de la Chine à Paris et acheminera prochainement 100 000 masques et 6 000 combinaisons pour équiper le personnel médical de l’hôpital central de Wenzhou et de l’hôpital populaire de Ruian.

Avec son partenaire en Chine, l’Association du peuple chinois pour l’amitié avec l’étranger (APCAE), présente dans toutes les provinces, le Secours populaire est en capacité d’agir, notamment dans la province du Hubei, épicentre de l’épidémie.

L’épidémie liée au coronavirus ne cesse de s’amplifier en Chine, portant désormais le bilan à près de 1 500 morts. Les besoins demeurent importants pour faire face à cette catastrophe sanitaire, d’autant que celle-ci risque d’affecter des dizaines de milliers de familles qui vont se retrouver en grande difficulté.

Dès l’annonce de la propagation de l’épidémie, le Secours populaire a manifesté sa solidarité auprès de l’APCAE. Le Secours populaire agit en Chine depuis plus de 10 ans. Des premières actions d’urgences dans le Sichuan, à la mise en place de programmes d’échanges culturels et de programmes de développement dans les domaines de l’éducation, l’accès à l’eau potable ou de la santé, le SPF vise à développer dans la durée les échanges et la coopération avec la Chine, en lien avec l’APCAE, les acteurs économiques et institutionnels locaux.

Fidèle à sa mission de lutte contre tous les préjugés et les exclusions, le Secours populaire tient à marquer son soutien, en France, aux populations chinoises et françaises d’origine asiatique injustement stigmatisées en cette période de crise sanitaire.

Le Secours populaire appelle aux dons :

les dons financiers peuvent être envoyés au Secours Populaire Français

au 9/11, rue Froissart BP 3303, 75 123 Paris Cedex 03

Préciser « Fonds d’urgence » / www.secourspopulaire.fr

Des dons peuvent être également envoyés par chèque au Secours Populaire Français – Fédération Nord au 18-20 rue Cabanis, 59007 LILLE CEDEX BP 17. 

Dons à adresser à l’ordre de Secours Populaire Français – Fédération du Nord, et au dos préciser « Urgence coronavirus ».

Pour toutes informations complémentaires, vous pouvez contacter le SPF Nord au 03 20 34 41 41. 


Nous sommes au regret de vous annoncer le report de l’atelier « Ballade en images au pays du Yin- Yang » de Cyrille Javary, initialement prévu le 4 avril.

Un atelier inédit et original d’une journée

Avec Cyrille JAVARY

Fondement des arts physiques traditionnels chinois, « Yin-Yang » est partout en Chine. Cet atelier inédit propose de découvrir sa présence dans de multiples domaines. L’apprécier dans l’organisation des poèmes classiques, le percevoir dans des tableaux de paysage, le voir à l’œuvre dans tous les recoins de la Cité Interdite, l’utiliser dans les hexagrammes du Yi Jing, le percevoir dans l’agencement des couleurs, l’apercevoir dans la Chine contemporaine, etc.

Construit à la manière Yin-Yang, cet atelier est autant explicatif qu’inventif et participatif. Il va nous conduire à « faire » du Yin-Yang nous-même, pour mieux se familiariser à cet outil performant qu’est le mode de « penser par deux ». Nous allons construire nous-mêmes des sentences parallèles, proposer des associations nouvelles culinaires ou vestimentaires, bref se servir de Yin-Yang pour découvrir les perspectives originales et efficaces qui apparaissent lorsqu’on applique Yin-Yang aux situations quotidiennes auxquelles nous sommes confrontés, y compris dans les relations humaines entre hommes et femmes. 

Infos pratiques :

Lieu : Maison Stéphane Hessel, 235 Bd Paul Painlevé, Lille

Horaire : 11h – 17 h (avec pause déjeuner)

Prix : adhérents AFC & Djohi : 60€, non adhérents : 80 € 

Renseignements & réservations (12 places) :

courrier@afc-lille.org   ou sur le site du Centre DJOHI : djohi. org


Par Lucien, français vivant à Wuhan

Wuhan, le 10 février 2020

C’est la rentrée !

Ce matin, mon téléphone a sonné, une des institutrices de la classe maternelle de mon fils a posté un message dans le groupe sur la messagerie instantanée QQ*, servant de liaison entre les institutrices et les parents d’élèves. C’était une vidéo nous indiquant les mouvements de gymnastique matinale et une liste d’activités à leur faire faire. C’est le premier jour du nouveau semestre scolaire dans Wuhan toujours en quarantaine. Pour les maternels, ce sont plus des directives qu’autre chose, mais pour les écoles primaires, collèges et lycées, c’est plus sérieux. Cours en ligne, devoirs prévus. De quoi occuper les enfants… et leurs parents.

Car le plus gros souci dans notre situation, comme nous l’avons réalisé au bout de quelques jours, c’est l’ennui. 

Le ravitaillement, au final c’est gérable, et le gouvernement s’efforce de décourager l’inflation excessive. Les wuhanais découvrent l’intérêt des conserves et des légumes surgelés, tandis que des initiatives de distribution de nourriture se mettent en place. Pas forcément gratuites, s’entend, mais les prix ne sont pas exorbitants. À quelques exceptions près, la population de la ville fait preuve de solidarité et d’un grand civisme. La dématérialisation entamée de la société de consommation chinoise est également un atout. Les commandes en ligne et les livraisons, interrompues par les vacances du Nouvel An, se remettent progressivement en place, avec des garanties sanitaires supplémentaires et une légère perte en praticité. En effet les livraisons à domicile ne sont plus vraiment possibles, les résidents craignant que les livreurs apportent la contagion, et les livreurs craignant eux-mêmes le risque posé par les multiples rencontres quotidiennes.

Donc l’ennui (peut-être devrais-je écrire l’Ennui, tant il est présent?) ne nous quitte pas. Pour les enfants, c’est lassant de rester à la maison. Et pour les adultes, c’est lassant de rester à la maison avec des enfants qui s’ennuient. Si personnellement, j’ai toujours de quoi m’occuper, lecture, loisirs, cuisine, vaisselle, lessive… pour mon fils, c’est plus dur. Actif, pas encore à l’âge auquel on se plonge dans les livres, il est demandeur de compagnie. Legos, jeux, dessin, musique, appels vidéo avec la famille, ses camarades… Le fait que les communications et un bon nombre de services sont disponibles en ligne depuis quelques années a heureusement permis la mise en place d’activités dématérialisées pour occuper et stimuler les enfants. À titre d’exemple, l’école d’art de mon épouse offre une série d’ateliers virtuels, avec des professeurs pour donner des consignes, des exemples, des conseils et des retours sur les travaux des enfants. Des centres de formation en langues mettent également en place un retour progressif de leurs activités via des plateformes en ligne, puisque les cours en présentiel ne seront pas d’actualité avant au moins plusieurs semaines encore.

Puisqu’on ne peut pas trop sortir, en tout cas pas se réunir, les liens sociaux se maintiennent grâce à la dématérialisation des échanges, aux groupes de discussion sur WeChat*. 

Le ravitaillement rendu difficile par la densité de l’habitat et par la promiscuité des habitants, nous sommes amenés à rencontrer virtuellement nos voisins afin de subvenir à nos besoins. Cette situation nous rapproche les uns des autres et nous permet de créer de nouveaux liens.

Moi qui ai toujours vécu, ici, un peu à l’écart des lieux fréquentés par la communauté française de Wuhan, plus par hasard que par volonté de l’éviter, je suis désormais en contact avec ceux qui ont décliné le rapatriement.

Bien évidemment, l’ennui stimule aussi les imaginations, et une information mal comprise se transforme en conseil idiot, puis en rumeur qui se propage. Je ne compte plus le nombre de messages appelant au silence dans les groupes de discussion sous peine de suppression immédiate du groupe concerné et de tous les comptes ayant participé, les médicaments présentés comme efficaces pour traiter le virus, que les moins sceptiques achètent en masse, les informations et conseils plus ou moins farfelus sur la manière de se protéger etc.

Durant la quarantaine, les déplacements sont libres au sein d’un même quartier, mais soumis à l’obtention d’une autorisation de la mairie entre deux quartiers. Cela peut sembler drastique, mais au final, l’organisation de la ville et des quartiers qui mettent les services et commerces à proximité des habitants rendent plus faciles le quotidien. Seul les trajets jusqu’au bureau ou jusqu’à l’école peuvent être perturbés, mais comme les entreprises et les établissements scolaires n’ont pas encore l’autorisation de reprendre, cela ne se fait pas encore sentir.

Autre note positive, la baisse actuelle de livraison de repas à domicile fait qu’on redécouvre le plaisir de cuisiner soi-même. Mes baguettes de pain sont de plus en plus réussies, et disparaissent de plus en plus vite.

On découvre aussi Wuhan sous un autre jour, ses rues vides sont pleines de charme.

* QQ et WeChat sont des réseaux sociaux chinois. QQ est l’équivalent de Messenger, WeChat pourrait être comparé à Facebook.

Wuhan déserte. Photo circulant sur les réseaux sociaux